Le traitement par laser des hémorroïdes (ou HPL : HémorroïdoPlastie par Laser)
Elle consiste à introduire une fine fibre laser directement dans le paquet hémorroïdaire. L’énergie lumineuse délivrée entraîne une déshydratation et une rétraction des tissus hémorroïdaires, ce qui réduit leur volume et limite leur tendance à prolapsus (sortie à l’extérieur). Par ailleurs, l’énergie laser favorise la régénération des tissus. La cicatrisation au niveau du point d’entrée de la fibre est très rapide ce qui limite les risques de saignement
Contrairement à une chirurgie d’exérèse (type Milligan-Morgan), il n’y a pas de retrait de peau ou de muqueuse anale : la muqueuse est respectée, ce qui permet une cicatrisation plus rapide et généralement moins douloureuse. La quantité d’énergie délivrée est assez faible ce qui évite les risques de brulure de la muqueuse ou des muscles sphincters
Déroulement de l’intervention
- Elle se réalise en ambulatoire, sous anesthésie générale courte.
- Le chirurgien examine le canal anal est confirme l’absence d’autre anomalie
- En cas de prolapsus hémorroïdaire important, il peut commencer par réaliser un point de suture pour fixer la base de l’hémorroïde dans le rectum. Cela améliore les résultats immédiats pour les grades 3 et 4.
- Il introduit ensuite une fibre laser fine dans chaque hémorroïde à traiter.
- L’énergie délivrée provoque une coagulation contrôlée et une rétraction des vaisseaux.
- La durée opératoire est courte (souvent moins de 30 minutes).
Suites opératoires
- Les suites sont habituellement peu douloureuses, avec un recours limité aux antalgiques.
- Comme pour toute chirurgie de l’anus, il peut exister quelques irritations, suintements ou saignements modérés les premiers jours.
- La reprise des activités quotidiennes est souvent rapide, en quelques jours.
- Des soins locaux simples (bains de siège, hygiène adaptée) sont recommandés.
Résultats attendus
- Diminution du volume et du prolapsus hémorroïdaire.
- Réduction nette des saignements.
- Amélioration du confort et de la qualité de vie.
Limites et risques
- La technique n’est pas adaptée aux formes très évoluées (stade IV, prolapsus permanent) ou en cas de thrombose externe récente
- Le risque de récidive est plus important qu’après une chirurgie d’exérèse radicale, mais une autre séance peut être réalisée, sans aucune difficulté
- En cas de traitement par laser d’hémorroïdes assez volumineuses (stade 3 fort, ou stade 4), un gonflement externe se produit naturellement. Il est lié à l’oblitération de l’hémorroïde interne suite au traitement. Ce gonflement parfois désagréable régresse sous l’effet des anti-inflammatoires et parfois par l’application de crèmes de corticoïdes
- Comme toute intervention de l’anus, il existe un risque très rare de saignement
En résumé
Par son caractère mini-invasif, et pro-régénération, le laser permet une chirurgie sans douleur dans de nombreux cas, une récupération rapide et un niveau de risque très faible. C’est un traitement particulièrement efficace pour les patients souffrant d’une maladie hémorroïdaire interne gênante, et une option intéressante pour certains patients souffrant d’hémorroïdes plus évoluées mais souhaitant un traitement moins radical que la chirurgie classique, quitte à réaliser une autre séance si besoin.
Questions fréquentes sur l’hémorroïdoplastie par laser
Est-ce que l’opération est douloureuse ?
La technique au laser est généralement beaucoup moins douloureuse que la chirurgie classique. Quelques douleurs ou gênes peuvent persister quelques jours, mais elles sont le plus souvent bien contrôlées par de simples antalgiques.
Combien de temps faut-il pour récupérer ?
La reprise des activités quotidiennes est possible en quelques jours. L’arrêt de travail, lorsqu’il est demandé, est d’une semaine. En cas de gêne plus importante il peut être prolongé.
Est-ce que les hémorroïdes peuvent revenir ?
Oui, il existe un risque de récidive plus important qu’après une chirurgie radicale (comme l’hémorroïdectomie Milligan-Morgan). Dans certains cas, une deuxième séance peut être envisagée. Mais il ne faut pas oublier que quelque soit la technique, le risque de récidive à long terme est possible. Il est important de lutter contre la constipation et les efforts de poussée pour éviter la récidive
Quels sont les risques de l’intervention ?
Les complications sont rares. Le risque le plus fréquent est le gonflement externe douloureux. Plus rarement il peut y avoir des saignements. Le risque d’incontinence ou de lésion anale est exceptionnel, car la muqueuse est respectée et le niveau d’énergie utilisé est particulièrement bas.
Cette technique convient-elle à tous les patients ?
Non. Elle est surtout indiquée pour les hémorroïdes internes responsables de saignement ou de prolapsus de stade II ou III. En cas de maladie très avancée (stade IV, prolapsus permanent), une chirurgie par laser est techniquement possible mais associé à des résultats souvent incomplets. La chirurgie classique est habituellement recommandée.
L’intervention se fait-elle en ambulatoire ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Le patient rentre chez lui le jour même.