Pourquoi des calculs biliaires apparaissent-ils en cas d’hémolyse ?
Chez certaines personnes, les globules rouges se détruisent plus rapidement que la normale : c’est ce qu’on appelle l’hémolyse chronique. Cette destruction libère de la bilirubine, dont l’excès est filtré par le foie et qui est éliminé dans la bile. Avec le temps, cette situation favorise la formation de cailloux de bilirubine : les calculs biliaires pigmentaires. Ils sont différents des calculs « classiques » liés au cholestérol.
La drépanocytose est l’exemple le plus fréquent : plus de la moitié des patients développent des calculs biliaires au cours de leur vie. D’autres maladies hémolytiques (thalassémies, sphérocytose héréditaire, etc.) exposent également à ce risque.
Quels sont les symptômes ?
La présence de calculs peut rester longtemps asymptomatique. Mais certains patients présentent :
- des douleurs abdominales typiques (coliques hépatiques),
- une cholécystite aiguë (inflammation de la vésicule biliaire),
- plus rarement une angiocholite (infection de la voie biliaire) ou une pancréatite.
Chez les patients drépanocytaires, ces complications peuvent déclencher ou aggraver une crise vaso-occlusive.
Quand faut-il envisager une chirurgie ?
La décision dépend de la situation :
- Calculs symptomatiques : la chirurgie est indiquée, comme pour les patients porteurs de calculs classiques, car les récidives et complications sont fréquentes.
- Calculs silencieux : chez les patients drépanocytaires, de nombreux experts recommandent une cholécystectomie prophylactique (avant complications), car les risques d’évolution sont élevés et les complications souvent graves.
- Dans d’autres hémolyses chroniques, la décision est individualisée selon les symptômes, l’âge, les antécédents et les résultats d’imagerie.
Comment se déroule l’intervention ?
Le seul traitement est l’ablation de la vésicule biliaire. Elle permet d’enlever les calculs de la vésicule et d’empêcher la formation de nouveaux calculs, car ceux si ne se forment que dans cette poche où stagne la bile. La technique opératoire est identique à la chirurgie des calculs classiques
Cependant, chez les patients atteints de drépanocytose, des précautions particulières sont prises :
- bonne hydratation et oxygénation,
- éviter le froid et le stress chirurgical,
- parfois transfusion avant l’intervention pour réduire le risque de crise.
- Parfois une hospitalisation d’une nuit est préconisée mais l’ambulatoire reste la situation standard quand les crises vaso-occlusives sont rares
Quelles sont les suites et les risques?
- Les suites et risques opératoires sont identiques qu’il y ait une hémolyse ou non.
- Chez les patients drépanocytaires, le principal risque est la déclenchement d’une crise vaso-occlusive, d’où l’importance des mesures préventives en périopératoire. L’intervention diminue nettement le risque de complications biliaires graves à l’avenir.
En résumé
- L’hémolyse chronique favorise les calculs biliaires pigmentaires.
- En cas de drépanocytose, les calculs sont très fréquents et justifient souvent une cholécystectomie préventive.
- L’intervention est réalisée le plus souvent par cœlioscopie, avec des précautions spécifiques pour limiter les complications liées à la maladie.
- Elle permet d’éviter des complications sévères et d’améliorer la qualité de vie.