Zoom sur : Les hernies, question de patient

 

1. Je pense avoir une hernie, comment je peux en être sur ?

La hernie est le passage d’organes de l’abdomen à travers les muscles de la sangle abdominale. Les sites les plus fréquents sont le nombril et le pli de l’aine. La hernie se manifeste  habituellement par une « boule » plutôt molle qui ressort à l’effort. Parfois, la hernie n’est pas visible et il n’y a qu’une sensation de gêne à l’effort. C’est l’examen clinique par le médecin qui permet de confirmer la présence d’une hernie dans la plupart des  cas. En cas de doute, l’échographie permet de confirmer ou non le diagnostic.

2. Quels sont les symptômes de la hernie?

Les symptômes les plus fréquents sont une voussure ou « boule » au niveau du nombril ou du pli de l’aine, et une sensation de gêne à l’effort. Plus rarement la hernie peut devenir douloureuse, il faut alors se méfier d’un étranglement (contenu de la hernie coincé dans les muscles) qui doit faire consulter en urgence. Enfin, lorsqu’il y a étranglement de la hernie, des troubles digestifs peuvent apparaitre (vomissements, arrêt du transit), en lien avec le viscère bloqué dans la hernie.

3. Comment traite - t - on une hernie ?

Seule la chirurgie permet de réparer une hernie. Cette opération est indiquée si la hernie est confirmée et que le patient est gêné. L’intervention chirurgicale consiste à réintégrer le contenu de la hernie dans l’abdomen et renforcer la sangle musculaire par un filet (prothèse composée de fils de sutures tressés). Il n’existe pas d’exercice de musculation ou de ceinture permettant de guérir d’une hernie.

4. Vaut-il mieux se faire opérer par voie ouverte ou par voie coelioscopique?

La chirurgie des hernies de l’aine ou du nombril peut être réalisée soit de manière classique (incision) soit  en coelioscopie à l’aide d’une caméra et d’instruments introduits par des mini-incisions. Les deux méthodes sont réalisées en routine, sous anesthésie générale courte, dans le cadre d’une hospitalisation ambulatoire.

Pour les hernies de l’aine (hernie inguinale), la coelioscopie permet une diminution des douleurs postopératoires et une récupération plus rapide. C’est devenu l’intervention proposée en première sauf contre-indication.

5. Au bout de combien de temps je peux reprendre une vie normale après l’opération ?

En l’absence de complication, la  chirurgie de hernie entraine peu de  symptômes gênants. Les activités basiques peuvent être reprises le jour même, et le travail au bout d’une semaine, sauf en cas de travail de force où l’arrêt peut être prolongé jusqu’à 4 semaines. Les efforts physiques intenses (musculation, port de charges lourdes) sont autorisés à un mois, après vérification de la solidité de la réparation lors de la consultation postopératoire.

6. Doit-on opérer toutes les hernies?

Les hernies sont extrêmement fréquentes et peuvent être diagnostiquées alors que les patients ne présentent pas de symptômes gênants. La chirurgie est alors discutable puisque plus de la moitié des patients nécessiteront une intervention dans les 10 ans en raison d’une augmentation de taille et de l’apparition d’une gêne. Le risque de chirurgie en urgence pour un étranglement reste exceptionnel. Une discussion sur les avantages et les inconvénients d’une opération est nécessaire

7. Quelles peuvent être les complications après chirurgie de la hernie?

Les cures de hernie sont réalisées fréquemment avec un niveau de complication faible :

  • Les hématomes et les séromes sont les complications les plus fréquentes. Ils se manifestent par un gonflement au niveau du site de la hernie (nombril, bourses, plis de l’aine) et des douleurs. Ils se résorbent en plusieurs semaines.
  • L’infection de prothèse est rare mais préoccupante. Elle nécessite souvent une réintervention pour retirer le matériel infecté.
  • Les douleurs nerveuses peuvent survenir après une cure de hernie inguinale. Elles peuvent persister plusieurs mois. Elles sont moins fréquentes après coelioscopie qui est donc recommandée et représente la technique de choix dans notre centre.
  • La récidive est rare, grâce à l’utilisation des filets prothétiques qui  renforcent la paroi musculaire. Le repos sportif, les  premières semaines après l’intervention est nécessaire  pour éviter cette complication